Le rallye de fin d'année a commencé sur les marchés

Chotard Stéphane

Stéphane Chotard - Le 8 déc. 2016 12:02
Mise à jour : Le 28 avr. 2017 06:43

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On assiste en cette fin d'année 2016 à un fort rebond des marchés financiers à l'échelle mondiale. Cela peut paraître contradictoire avec les actualités politiques et économiques qui semblent plutôt négatives. Apprenez à lire entre les lignes et découvrez comment fonctionnent les marchés.

Hausse de la bourse - Rallye de fin d'année !

Qu’est-ce qu’un rallye boursier ? 

Quand on parle de rallye en bourse, il ne s’agit pas d’une course de voitures en plein Manhattan. Cela décrit une phase pendant laquelle une action ou un indice boursier va suivre une même tendance pendant plusieurs jours voir plusieurs semaines. Cette “course” à l’achat ou à la vente se produit sur une période donnée, souvent une fin de mois ou d’année ou suite à un événement particulier. Ainsi, ce que l’on appelle un rallye de fin d’année est la tendance aux indices boursiers à remonter quand la fin de l’année et les fêtes approchent.

Il semblerait que le rallye de fin d’année 2016 a bel et bien commencé cette semaine. Suite au référendum italien dimanche dernier et aux élections de Donald Trump il y a 1 mois, cela semblait très mal parti. Mais les marchés ont leurs raisons que notre raison ne comprend pas toujours. La Bourse de Paris, le CAC40 est ainsi passé dans le positif sur l’année avec une progression de +1,12% par rapport à décembre de l’année dernière. Les marchés européens en général suivent de près la progression de leurs grands frères américains, le Dow Jones, le S&P500 et le Nasdaq et les 3 pulvérisent des records historiques de hausse depuis quelques jours.

Pourquoi les indices grimpent-ils en cette fin d’année 2016 ?

Les banques se reprennent

Tout d’abord, on assiste à ce que l’on appelle une rotation sectorielle. Les investisseurs reviennent à l’achat sur des secteurs qu’ils ont délaissé auparavant et qui ont pour certains fortement baissés. C’est particulièrement le cas du secteur bancaire par exemple qui vient de reprendre près de 17 % en 3 mois. Ce rebond a plusieurs explications. Tout d’abord, le fait que les taux d’intérêts longs ont entamé un mouvement haussier et que les perspectives de remontée des taux le 14 décembre prochain par la FED, la Banque centrale américaine, se précisent. Car qui dit taux d’intérêts plus élevés, signifie amélioration des marges pour les banques. Deuxième facteur d’optimisme pour les banques, notamment les américaines, c’est que Trump paraît être favorable au secteur bancaire en voulant par exemple assouplir certaines normes réglementaires qui les contraignent dans leurs activités. Pour les plus curieux d’entre vous qui veulent approfondir le sujet, il s’agit du Dodd Frank Act et du Glass Steagal Act.

L’horizon politique s’éclaircit, à court terme

Au niveau politique, plusieurs inconnues ont trouvé une réponse, le brexit est passé, les élections américaines également, un nouveau gouvernement espagnol a pu se former et enfin le référendum italien a été voté. Tous ces événements étaient porteurs d’incertitudes et de stress pour les marchés financiers qui ont pu maintenant “digérer” les résultats. Les prochaines échéances électorales françaises, allemandes et hollandaises paraissent encore lointaines pour les investisseurs.

Même si l'élection de Donald Trump a permis à plusieurs secteurs d’activité de rebondir, comme les banques, mais aussi le secteur de la santé et du pétrole, il plane encore un certain flou sur son programme et les projets qu’il compte mettre en oeuvre. En Europe, ll faudra également surveiller de près la résolution du problème italien, le gouvernement doit trouver une solution pour sauver la 3e banque du pays, Monte dei Paschi di Siena. Enfin, sur le plan de la politique monétaire, la BCE devrait présentait aujourd’hui les modalités de la poursuite du QE (Quantitative Easing), son plan de rachats d’actifs.

Est-ce le bon moment pour investir ?

Une des principales difficulté de l’investissement boursier concerne le timing et il est surtout d’ordre psychologique. En général, on a du mal à acheter des titres, qu’il s’agisse d’actions ou d’indices (via des OPCVM, des ETFs ou des CFDs), quand les marchés sont au plus bas et que les médias prédisent la fin du monde. Par peur, c’est souvent à ce moment-là qu’on retire ses billes, qu’on vend ses titres ou pire que l’on clôture son contrat d’assurance-vie. Par contre, quand vous lisez que tout va bien, que les perspectives économiques sont meilleures que prévues et que les analystes et les experts de tout bord sont optimistes, c’est qu’il est déjà trop tard pour rentrer dans la danse et profiter de la vague de hausse. Il vaut mieux attendre une “respiration” des marchés, une correction à la baisse pour s'assurer que le mouvement de fonds se poursuit et profiter ainsi d’un meilleur prix d’entrée sur le marché.

C’est un peu ce qui est en train de se passer en ce moment, les indices ont brusquement rebondi depuis un trou d’air très bref dans la nuit des élections américaines. C’était là qu’il fallait rentrer idéalement. Oui d’accord, c’est facile à dire rétrospectivement, mais à force d’apprentissage et d'entraînement, on apprend à repérer ces “fenêtres de tir”. Alors notre conseil pour cette fin d’année ? Faites plaisir à vos proches en les gâtant pour Noël, lisez régulièrement FinanceDir pour approfondir vos connaissances et préparez-vous à ouvrir un contrat d’assurance-vie ou un PEA début 2017.