Macron veut augmenter la fiscalité sur l'assurance vie

Chotard Stéphane

Stéphane Chotard - Le 13 mars 2017 18:37
Mise à jour : Le 13 mars 2017 18:40

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 L’instauration d’un taux de taxation unique sur les revenus du capital risque d'alourdir la fiscalité de l’assurance-vie, un des placements préféré des Français.

Macron veut augmenter la fiscalité de l'assurance vie

Hausse de la fiscalité de l'assurance vie en vue

On peut s'en douter, vous en avez marre de la politique en ce moment, nous aussi. Mais il est important d’en parler quand cela touche directement à notre épargne. Maintenant, un contrat d’assurance-vie présente l’avantage d’être taxé à 23 % passé 8 ans de détention (gains taxés au prélèvement forfaitaire libératoire à 7,5 % + 15,5% de prélèvements sociaux). Si Emmanuel Macron est élu lors des prochaines élections, il mettra en place un prélèvement forfaitaire unique de 30 % sur l’ensemble des revenus du capital, dont l’assurance-vie. Mais il a précisé que cette nouvelle règle s'appliquerait uniquement sur les nouveaux versements et non pas sur les contrats et dépôts existants. Pas encore de détails en revanche sur l’abattement de 4 600 € (9200 € pour un couple) qui permet d’éviter toute imposition sur des retraits de sommes modeste passés 8 ans de détention. Pas d’informations non plus pour le moment sur l’éventualité d’une distinction de la fiscalité entre les fonds en euros et les unités de compte.

De récents sondages réalisés auprès d'épargnants français détenteurs de contrats d’assurance-vie révèlent sans surprise qu’une grande majorité est opposée à l’instauration d’une telle taxe à taux unique qui ferait disparaître l’avantage fiscal de l’assurance vie par rapport à d’autres placements. Le mécontentement est également d’ordre moral puisque le candidat d’En Marche ! se dit défenseur des classes moyennes, mais avantage plutôt les épargnants les plus aisés avec cette mesure, ceux qui peuvent être taxés jusqu’à 60% à l’heure actuelle.

L'occasion de faire enfin les bons choix ?

Cette modification de la fiscalité de l’assurance-vie inquiètent également de nombreux professionnels, notamment les Conseillers en Gestion de Patrimoine qui craignent que les épargnants se détournent de ce type de placement. Mais il est intéressant de se demander quelles sont les raisons qui nous poussent à aller vers l’assurance-vie ? Principalement, cette fiscalité adoucie sur les intérêts et les successions. Il ne faut pas oublier que l’État ne nous fait pas de cadeaux, qu’il y a toujours un intérêt derrière ces “gestes fiscaux”. Alors pourquoi l’État nous incite-t-il à placer notre épargne pendant 8 ans sur des contrats d’assurance-vie ? Et bien pour financer ses emprunts ! Puisque la majeure partie des contrats d’assurance-vie sont placés sur des fonds en euros garantis composés à 80 % d’obligations d’États.

Pourtant, des principes basiques ne sont pas respectés quand on fait le choix de placer son épargne dans un fonds en euro garanti :

  • il ne faut pas choisir un placement uniquement parce que sa fiscalité est plus avantageuse, ou qu’il est dit “moins risqué”, on le choisit parce qu’il est bon
  • il n’est pas sain de prêter à un État en faillite, même si c’est le sien
  • le choix de placer son argent est une responsabilité personnelle et ne doit pas être influencée par qui que se soit, encore moins l'Etat. 

Alors arrêtez de mettre tout votre argent sur des fonds en euros garantis et regardez plutôt du côté des unités de compte ! Et puis face aux nombreuses incertitudes concernant l’assurance-vie (potentiel blocage des retraits avec la loi sapin 2 et augmentation de la fiscalité avec l’application du taux unique à 30 % si Macron est élu), vous devriez vous intéresser aussi aux PEA et PEA-PME qui permettent d’investir en bourse avec une exonération complète d’impôt sur le revenu sur les gains au bout de 5 ans. Il ne restera que les prélèvements sociaux (15,5 %) à payer. Autre alternative pour ceux qui peuvent bloquer une partie de leur épargne pendant 6 à 8 ans : les FCPR (Fond Commun de Placement à Risque) qui sont composés d’obligations et d'obligations convertibles d’entreprises non cotées. C'est un exemple des alternatives possibles à envisager pour s'adapter aux changements actuels en ce qui concerne la fiscalité de notre épargne. Parcourez FinanceDir pour trouver des solutions qui vous permettront d'affronter sereinement cette transition politique à venir.