Comment éviter de trop s’endetter ?

Bon, on ne va pas y aller par quatre-chemins. Nous sommes souvent poussés à vivre au-dessus de nos moyens. Il y a souvent des sorties entre amis qui coûtent plus cher que prévu ou toujours un dernier modèle de smartphone hors de prix qui nous fait envie. Quand vous payez en plusieurs fois en magasin, même si c’est à taux zéro, une grosse dépense passe inaperçue et peut faire mal à votre budget en s’étalant sur la durée. Quand vous utilisez régulièrement des autorisations de découvert qui vous sont facturées chères en agios ou que vous avez recours trop souvent au crédit pour assurer votre train de vie, faites attention ! Car sans vous en rendre compte, vous aggravez les choses. Nous savons que c’est un sujet sensible, et que parfois, de faibles revenus ne suffisent pas à assumer toutes les dépenses liées aux besoins de la vie courante. Mais il faut que vous appreniez au maximum à maîtriser votre endettement, pour pouvoir progressivement faire face à vos remboursements et éviter le surendettement.

Comment éviter de trop s’endetter ?

Où en êtes-vous ? quel est votre taux d'endettement ? 

Première étape, faites le point sur votre niveau d’endettement. Cela vous permettra d’évaluer le montant qu’il vous est possible d’épargner et de savoir s’il est raisonnable de recourir à un nouveau crédit si vous en ressentez le besoin. Il vous faut calculer ce que l’on appelle le reste à vivre et le taux d’endettement.

Cela revient à faire la comptabilité de votre foyer comme celle d’une entreprise : la somme des revenus et des charges. Pour être considéré comme un revenu, l’entrée d’argent doit être certaine et durable. On y additionne les salaires, les revenus fonciers si vous détenez un bien immobilier que vous louez, les aides, pensions et bourses d’études par exemple. En face, viennent toutes les charges qui englobent les remboursements de tous vos crédits en cours (immobiliers, à la consommation, renouvelables ainsi que les paiements en plusieurs fois auprès de magasins), le loyer de votre logement, les pensions que vous pourriez verser. En déduisant l’ensemble des charges de vos revenus, vous obtenez ce que l’on appelle le reste à vivre, qui vous permet de couvrir les dépenses courantes liées à l’alimentation, l’énergie, les transports et les loisirs. La situation de chacun fait varier ce montant en fonction de la composition familiale et de la situation professionnelle. Le taux d’endettement est le pourcentage entre vos charges de crédit et de loyer avec vos revenus sur la même durée. En général, il est conseillé d’éviter de dépasser 33 %, mais c’est plutôt le reste à vivre, ou revenu résiduel qui pourra vraiment indiquer si vous êtes surendettés.

Une fois que vous avez fait le point sur votre situation, vous pouvez mieux estimer la viabilité d’un projet d’emprunt. Posez-vous les bonnes questions : vos revenus suffiront-ils vraiment à toujours faire face à vos dépenses ? Avez-vous la possibilité de mettre un peu d’argent de côté pour faire face aux imprévus ? Si vous avez du mal à répondre favorablement à ces questions, ce qui suit pourrait bien vous être utile.

Quelques conseils pour se sortir d’une difficulté financière

Si votre situation financière devient critique, faites-y face immédiatement. Quand les difficultés apparaissent suite notamment à une perte d’emploi, une séparation ou une maladie ; il ne faut surtout pas rester les bras croisés à vous morfondre. Agissez ! Il existe toujours une solution. Essayez de trouver des dépenses que vous pouvez réduire (en vous disant pour se rassurer que c’est passager), repoussez certains achats, prenez le temps de chercher des solutions plus économiques pour les achats indispensables. De même, si vous attendez une rentrée d’argent, relancer la personne ou l’organisme qui vous le doit pour accélérer l’opération. N’hésitez pas à rechercher de l’aide auprès de vos proches et de service d’action sociale pour vous permettre d’éviter d’accumuler des retards de paiement.

Ce n’est pas une bonne idée de toujours souscrire à de nouveaux crédits pour faire face à des difficultés de trésorerie. Car les charges et votre endettement vont s’alourdir et aggraver votre situation. Il vaut mieux négocier avec vos créanciers pour obtenir un allongement des délais de paiement voir un rééchelonnement. De même, évitez d’utiliser ou d’augmenter votre découvert, ce n’est pas une solution viable et cela pourrait augmenter le montant de la dette que vous devrez rembourser et aggraver votre situation.

Si vous avez souscrit par le passé à des assurances qui couvrent la perte d’emploi, l’incapacité de travail ou les accidents de la vie par exemple et que vous en avez besoin, pensez bien à contacter les organismes pour mettre en place des indemnisations.

Vous pouvez regrouper vos crédits via la solution du rachat de crédits. Cette opération s’appelle aussi la restructuration de crédits et consiste à diminuer votre mensualité et donc votre taux d’endettement. En vous présentant sous le meilleur profil d’emprunteur (comme d’habitude), vous obtiendrez plus facilement de meilleures conditions pour qu’un organisme vous rachète vos crédits actuels en contrepartie de la mise en place d’un seul crédit aux mensualités moins élevées et sur une durée plus longue. Le regroupement de crédit est à utiliser avec précaution, car il se pourrait que le montant total à rembourser soit plus élevé au final. Car réduire les mensualités revient à allonger la durée totale et éventuellement augmenter le taux effectif. Mais en comparant bien les offres de rachat de crédit, vous aurez sans doute la possibilité de trouver une solution adaptée à votre besoin.

Malgré ces précautions et conseils simples (pas toujours faciles à appliquer, on le sait), il se peut que vous vous retrouviez en grande difficulté. Certains signes concrets ne trompent pas et indiquent que vous faites face à une situation de surendettement : vous n’arrivez plus à payer vos remboursements de crédits tous les mois, vous ignorez à combien s’élève l’ensemble de vos dettes et vous n’arrivez pas à envisager le jour où vous pourrez enfin toutes les rembourser. Si vous avez du mal à faire face à toutes vos dépenses quotidiennes et que des incidents de paiement se multiplient, il est vraiment temps d’agir.

Comment faire face au surendettement ?

La demande d’un délai de grâce

Il est possible de demander à ses créanciers d’obtenir des délais de paiement afin de faire face à des difficultés pour rembourser ses dettes. Si un simple courrier ne suffit pas dans tous les cas, il faut alors saisir un juge. Votre dossier ne peut pas concerner les dettes alimentaires (pensions alimentaires et prestations compensatoires). Vous devez pouvoir justifier de difficultés passagères et d’une réelle volonté d’améliorer rapidement votre situation. Les difficultés que vous rencontrer doivent provenir d’un événement exceptionnel comme la perte d’un emploi, un divorce, un accident… Le report ou le rééchelonnement de votre dette ne peut pas dépasser 2 ans et il faut engager une procédure pour chacune de vos dettes séparément. Nous vous recommandons de vous faire accompagner par une association spécialisée.

La vente à réméré

La vente à réméré est un outil alternatif au rachat de crédits permettant aux particuliers en situation difficile qui sont propriétaires de leur bien immobilier de faire face à une situation de surendettement. Il est particulièrement adapté à ceux qui ne peuvent plus contracter de prêt bancaire s’ils sont fichés à la Banque de France. Cette solution consiste à vendre son bien immobilier en conservant le droit de le racheter plus tard et de continuer à occuper les lieux moyennant le paiement d'indemnités d’occupation. Il ne s'agit pas d’un contrat de location ou d’un bail, mais d’un contrat d’occupation des lieux. Il faut d’abord rechercher un investisseur et lui vendre le bien, régulariser sa situation financière pendant que l’on continue à occuper le bien puis le racheter. La solution du réméré permet ainsi de protéger son patrimoine lors de situations financières difficiles.

Il existe des risques dans la vente à réméré. En effet, si l’ancien propriétaire, pour n’importe quelle raison, n’exerce pas son droit à réméré et ne rachète pas son bien, il récupère une somme inférieure à celle qu’il aurait pu obtenir dans le cadre d’une vente classique. Et le nouveau propriétaire définitif peut exiger l’expulsion sans délai.

Le microcrédit personnel

Encore une solution adaptée aux exclus du système bancaire classique et qui font face à des difficultés financières. Il permet de financer l’achat de bien ou services permettant d’améliorer la situation de l’emprunteur via un projet personnel. Il permet ainsi de financer l’achat ou la réparation d’un véhicule, un permis de conduire, une formation professionnelle ou encore des frais de santé mal remboursés. Les sommes empruntées sont adaptées aux revenus et vont de 300 € et 5 000 € sur une période allant de 6 mois à 4 ans, pour un taux compris entre 1,5 et 4 %, sans frais de dossiers et avec possibilité de rembourser par anticipation.

Si vous souhaitez bénéficier d’un microcrédit personnel, le mieux est de vous adresser à un réseau d’accompagnement social qui vous aidera à constituer un dossier à présenter à une banque agréée. Il peut s’agir d’une régie de quartier, d’une maison pour l’emploi ou d’un centre communal ‘action sociale (CCAS) qui assure le suivi de votre projet pendant toute la durée du remboursement. Une fois la banque choisie, vous disposerez comme tout crédit à la consommation d’un délai de rétractation de 14 jours.

La procédure de surendettement

Si malgré tous vos efforts et le recours aux solutions présentées plus haut, vous n’arrivez pas à vous en sortir, il vous reste encore une solution, la procédure de surendettement. La première chose à faire, c’est de déposer un dossier de surendettement à la commission de surendettement de la Banque de France. Vous pouvez solliciter l’aide de votre conseiller bancaire ou d’un service d'action sociale pour aider dans vos démarches.

Il faut remplir certaines conditions pour pouvoir vous faire aider. Vous devez être résident en France ou avoir contracté des dettes auprès de créanciers basés en France. Vous n'êtes pas un commerçant, ni un artisan ou un agriculteur. Vous êtes dans “l’incapacité manifeste de faire face à vos dettes". Ces dettes ne doivent pas être d’origine professionnelle. Tout au long de la procédure, vous devez rester de bonne foi et prouver que vous n’avez pas volontairement provoqué votre situation de surendettement.

Pour enclencher la procédure, vous devez remplir un formulaire de déclaration sur le site de la Banque de France et rassembler tous les documents nécessaires. Le dépôt du dossier entraîne votre inscription au FICP (Fichier des Incidents de remboursement des Crédits aux particuliers). Pendant la phase d’étude de votre dossier, les poursuites engagées contre vous comme la saisie ou l’expulsion ne peuvent être suspendues en cas d’urgence que si vous faites la demande à la commission de surendettement de saisir un juge. Vous devez également, durant cette phase d’étude de votre dossier, continuer à payer vos dettes du mieux que vous pouvez et cesser d’utiliser vos cartes de crédit et vos crédits renouvelables. Et bien sûr ne pas souscrire de nouveaux crédits !

Acceptation du dossier

Si votre dossier est accepté, vous avez la possibilité, mais pas l’obligation de rencontrer votre banque pour échanger sur les modalités de fonctionnement de votre compte bancaire. Il faut que vous continuiez à régler vos factures de loyer, d'électricité de téléphone, d’assurances, ainsi que les éventuelles pensions alimentaires, amendes et prestations compensatoires, tout en essayant d’équilibrer au mieux votre budget. En revanche, vous ne devez plus payer les mensualités de crédit, souscrire de nouveaux crédits, rembourser votre découvert et régler vos dettes contractées avant l’acceptation de votre dossier (loyer, factures de téléphone ou d'électricité…). Ensuite, la commission peut choisir d’entamer une phase amiable avec un plan de redressement soit une procédure de rétablissement personnel.

Dans le cadre d’un plan conventionnel de redressement, la commission peut proposer de reporter ou de rééchelonner le paiement de vos dettes, de vous faire bénéficier de remises de dette et de réduire voir de supprimer des intérêts. La commission va estimer votre capacité de remboursement et décider avec vous d’un montant de reste à vivre pour que vous puissiez payer les dépenses courantes. Vous êtes engagés comme vos créanciers à respecter les délais et conditions de remboursements décidés par la commission.

Vous devez signaler tout changement de votre situation et profiter d’améliorations pour réduire votre dette ou augmenter vos mensualités. Ne souscrivez en aucun cas de nouveaux crédits, car le plan pourrait être annulé. Ce plan ne peut durer plus de 7 ans sauf s’il a été mis en place dans le cadre d’un prêt immobilier lié à l’acquisition de votre résidence principale. Si vous respectez les modalités du plan, et en cas de remboursement anticipé, vous pourrez demander à être rayé du FICP.

Refus du dossier

Si la commission de surendettement n’a pas réussi à trouver un accord avec vos créanciers, elle peut à votre demande :

  • imposer un rééchelonnement des paiements sur 8 ans maximum
  • affecter d’abord les paiements sur le remboursement du capital et non des intérêts
  • réduire les taux d’intérêt
  • recommander la réduction de la dette immobilière qui reste suite à la vente de votre résidence principale
  • demander l’effacement partiel des dettes

La procédure de rétablissement personnel peut éventuellement amener à un effacement de vos dettes. Cette solution est envisageable pour les cas les plus graves, lorsque vous n’êtes plus en mesure de rembourser vos dettes même en plusieurs fois. Il n’y a que le juge d'exécution qui peut ouvrir une telle procédure, à son initiative, celle de la commission ou la vôtre. Dans le cas où vous possédez des biens pouvant être vendus, une procédure de liquidation judiciaire est mise en place pour vendre vos biens non-nécessaires à la vie quotidienne ou à votre activité professionnelle. Si vous n’avez aucun bien susceptibles d’être vendus, le juge peut mettre fin à la procédure en prononçant l’effacement de vos dettes non-professionnelles sauf les dettes alimentaires, les amendes ou réparations aux victimes liées à une condamnation pénale. Vous restez inscrit 5 ans au FICP.

Comme d’habitude, il faut bien étudier l’ensemble des éléments avant d’entamer telle ou telle procédure. Nous continuerons à vous aider chez FinanceDir en approfondissant certains sujets qui pourraient vous aider.